Holocauste

Dans l’aurore bleutée d’une forêt,
un calme étrange
baigne la berge
d’un étang gelé.
Et l’absolu silence,
comme un terrible aveu
panse les soupirs des mourants.
Paisiblement endormis,
des visages aux perles d’argent.
Silhouettes dénudées,
aux regards figés.
Pantins d’albâtre transis,
où plane encore
un souffle de vie.
Combien sont-ils,
cent ou mille ?
je ne saurai le dire.
Qui sont-ils ?
des criminels, des brigands
ou de simples hommes,
femmes et enfants ?
Dans l’haleine glacée de l’hiver,
flotte l’écho subtil
de sanglots éphémères
cristaux profanés
des amours éternelles.